Max Bruch

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Date de naissance 6.1.1838 à Köln, Nordrhein-Westfalen, Allemagne

Date de décès 20.10.1920 à Berlin, Berlin, Allemagne

Max Bruch

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Max Christian Friedrich Bruch est un compositeur allemand, né à Cologne le 6 janvier 1838 et mort à Berlin le 2 octobre 1920. Le public ne connaît de lui pratiquement que son premier concerto pour violon, et pourtant il est l'un des compositeurs les plus prolifiques de son époque.

Biographie

Formation

Son père est un officier de la police[1] et sa mère soprano et professeur de chant. Il est initié à la musique par sa mère et commence à composer dès ses neuf ans, dont un septuor dès onze ans[1]. Bruch suit l'enseignement de Heinrich Carl Breidenstein à Bonn. En 1852, à quatorze ans, après un concours, il obtient une bourse de la fondation Mozart à Francfort-sur-le-Main (Frankfurt Mozart-Stiftung Prize), qui lui permet de payer des professeurs prestigieux, comme Carl Reinecke et Ferdinand Hiller et Ferdinand Breunung[1], avec lesquels il travaille pendant quatre ans.

Entre 1858 et 1861, il enseigne la musique à Cologne et réussit à faire monter son premier opéra, Scherz, List und Rache[2] [Plaisanterie, ruse et vengeance], d'après Goethe. Les parties d'orchestre de cet opéra sont perdues[1]. Encouragé par ses professeurs, Bruch fait également des séjours à Berlin, Leipzig, Dresde et Munich. Après s'être installé à Mannheim en 1862, il y est nommé chef d'orchestre jusqu'en 1864, comme il le sera à Berlin en 1870 et 1878–80.

Début de carrière

Il présente à Mannheim, un opéra, Die Loreley, sur un livret d'Emanuel Geibel, le 14 avril 1863. Après quelques représentations en Allemagne et quelques grandes villes européennes, l'opéra a été remonté par le jeune Mahler en 1887 et à Stuttgart par Pfitzner en 1916[1], avant de disparaître des programmations jusqu'en 1984 où il est repris à Oberhausen, et sa création britannique à Londres en 1986[1]. Avec sa cantate Frithjof (1864) qui est un succès, ces deux œuvres lancent sa carrière.

Entre 1865 et 1867, il est directeur musical d'une société de concerts à Coblence, puis devient Hofkapellmeister à Sondershausen. Pendant cette période active, il achève entre autres son premier Concerto pour violon en sol mineur (1864) avec lequel on associe aujourd'hui son nom au détriment des autres œuvres[1] – les premières esquisses étant de sa période d'étude en 1857. L'œuvre est créée en 1866. Joseph Joachim, le violoniste renommé, suggéra à Bruch certains remaniements terminés en 1868, pour finalement être édité en 1870, ce qui assurera finalement à son auteur une certaine considération dans le monde, encore de nos jours, puisque l'œuvre reste au répertoire des concerts. Bruch lui-même en concevait d'amers regrets, notamment parce qu'il en avait vendu les droits. Cette œuvre a inspiré Johannes Brahms, dont Bruch est proche stylistiquement, dans la composition de son célèbre concerto pour violon, postérieur d'une dizaine d'années. Bruch dédie à Joachim son troisième concerto (1890–91). Il était aussi en lien avec un autre violoniste important : l’espagnol Pablo de Sarasate, forte personnalité, à qui il dédie le deuxième concerto (1877) et surtout la Fantaisie écossaise (1880), mais c'est Joachim qui l'aide à préparer la partie soliste de la Fantaisie. C'est seulement le 15 mars 1883 que Bruch, dirige la London Philharmonic Society, à St James’s Hall, pour la création de l'œuvre par le dédicataire. Bruch, qui adore le violon et déteste le piano, a des liens amicaux avec d'autres violonistes : Ferdinand David (le maître de Joachim, dédicataire du concerto de Mendelssohn) et Willy Hess autres virtuoses du temps. Le violon « peut chanter une mélodie, et la mélodie est l’âme de la musique » disait-il.

Mais le compositeur s'essaye aussi à la symphonie, poussé par le chef d’orchestre Hermann Levi. Sa première, op. 28 (1868) est dédiée à Brahms, qui exprima sa « joie intense et une profonde gratitude » à l'auteur. Suivit d'un seconde en 1870.

À cette période, il écrit également un opéra, Hermione (1870), inspiré de The Winter’s Tale de Shakespeare – sans grand succès ; et des pièces profanes, notamment des oratorios. Il considérait le genre comme son « domaine le plus personnel » et le couronnement de sa musique vocale qui constitue la majorité de son œuvre. Après Odysseus (créé en 1874), qui est un triomphe, il s'attaque au sujet d’Arminius (1875) pour un oratorio dont le thème avait déjà été traité par Biber au XVIIe siècle sous la forme d'un opéra et par Haendel quarante ans plus tard : la Bataille de Teutobourg en l'an 9 contre les Romains. Le grand personnage de l'œuvre, est en fait le chœur qui joue le rôle principal. Après le choc de l'audition du Requiem de Verdi, il révise la partition en 1877. Arminius, correspondant aux sentiments nationaux de la nouvelle union de Bismarck, est souvent donnée à travers l'Allemagne pendant la décennie des années 1870[1], tout comme ses Achilleus (1885) et Moses (1895) qui sont joués jusqu'aux premiers conflits, il s'ensuit un anti-Germanisme[1] qui raccourcit leur vie publique.

Fin août 1880, connu en Europe, il est nommé chef d'orchestre à Liverpool pour trois saisons. Il compose deux œuvres qui remportent un grand succès : la Fantaisie écossaise pour violon et orchestre, inspiré par le folklore[3] ; et Kol Nidrei, longue méditation au violoncelle bâtie sur deux mélodies hébraïques, destinée à la communauté juive de la ville. Cette mélodie deviendra plus tard une des liturgies les plus courantes du milieu ashkénaze pour la fête de Yom Kippour (Grand Pardon). Arnold Schönberg critiquera le sentimentalisme du violoncelle, trahissant selon lui, le texte religieux.

Dans cette période agréable, il épouse la cantatrice Clara Tuczek (âgée de seize ans) et devient père de quatre enfants, dont Max Felix († 1943), clarinettiste professionnel, avant de devenir responsable d'une firme de disque.

À la fin de son séjour, il embarque pour une tournée américaine, à la suite de la commande de Leopold Damrosch de sa troisième symphonie (1883) est créée à New York.

Professeur

Se languissant de son pays, il accepte un poste de directeur musical de l'orchestre de Breslau en 1883, puis, sept ans plus tard, obtient une chaire de composition à Berlin dont Joachim était directeur. Parmi ses élèves, on trouve Oscar Straus et Eduard Künneke, Fartein Valen, le compositeur anglais Ralph Vaughan Williams ainsi que le compositeur japonais Kosaku Yamada. Il prendra sa retraite en 1911. En 1893, aux côtés de Saint-Saëns et Tchaïkovski, il est fait Docteur honoris causa de la Cambridge University. En 1918, il est nommé « Docteur en philosophie » à l'Université de Berlin.

Les dernières œuvres, à partir de 1910, sont celles d'un homme qui a vu mourir de nombreux amis musiciens, des interprètes de ses œuvres et ses confrères, tels les huit pièces pour clarinette, op. 83 pour trio, clarinette alto et piano, reprenant l'effectif du trio des quilles de Mozart et des Märchenerzählungen, op. 132 de Schumann et son Concerto pour clarinette et alto, op. 88 (1911), dédié à son fils Max Felix. Les œuvres aux proportions modestes refusent la virtuosité, restent dans un chant mélodique intime d'une extrême douceur et sous forme de confidences, d'aspiration à la paix et comme tendant au silence (Romance pour alto et orchestre, op. 85).

Bruch décède à Berlin le 2 octobre 1920. Il est enterré au cimetière Saint-Matthieu, aux côtés de son épouse, morte à peine un an avant. Sur sa pierre tombale sont gravés les mots suivants : « Musik ist sprache Gottes », La musique est la langue de Dieu, qui résume bien l'état d'esprit du compositeur.

Style

Son principal regret fut sans doute de n'avoir été connu presque exclusivement que par son fameux premier concerto pour violon. Il meurt seul, isolé dans son rejet des modèles de Wagner et de Liszt[1]. À la fin de sa vie, son respect pour la musique de Mendelssohn et de Schumann ainsi que sa résistance au changement faisaient sonner ses compositions de musique de chambre de 1918 (Quatuor à cordes) comme ses œuvres de soixante ans plus tôt[1]. Souvent perçu comme un compositeur passéiste, il n'est pas parvenu à la reconnaissance de son ami Johannes Brahms. Il a, au cours de ses 82 ans d'existence, côtoyé les plus grands (Mahler, Liszt, Wagner, Bruckner, etc.) sans avoir pour autant modifié son style rigoureux, « gardant sa fidélité esthétique et académique ».

Malgré ces critiques, il a composé une œuvre qui a rencontré dès sa création (tout comme aujourd'hui) un vif succès, son Concerto pour violon no 1, op. 26, commencé en 1864, ainsi que la Fantaisie écossaise pour violon et orchestre et son Kol Nidrei pour violoncelle et orchestre, régulièrement enregistrés au disque. D'autres partitions en dehors de son concerto pour violon ont retenu l'attention de solistes exigeants, en particulier les danses suédoises pour violon, huit pièces pour clarinette et une petite pièce pour hautbois. Ces œuvres sont davantage jouées — avec succès — depuis quelques années, débarrassées de nos jours des querelles d'écoles dont Max Bruch a été longtemps et injustement victime.

En 1907, Bruch écrivait : « Brahms est mort depuis dix ans, et l'on continue à médire de lui, y compris les connaisseurs et les critiques. Je prédis cependant que sa réputation grandira avec le temps alors qu'aujourd'hui nombre de ses œuvres tombent dans l'oubli. Dans cinquante ans, il brillera de tous ses feux et sera considéré comme le compositeur le plus éminent de tous les temps. De moi, on se souviendra surtout pour mon Concerto en sol mineur. » Les parallélismes entre Brahms et Bruch sont nombreux : enfants prodiges, auteurs de symphonies imposantes, vénérations aux maîtres allemands, notamment Mendelssohn et Schumann, la culture des maîtres anciens (Palestrina, Bach – Bruch se met à l'orgue pour mieux accéder aux secrets des œuvres), les liens avec Joachim... ; autant que leurs différences : Brahms ne touche pas à l'opéra, écrit pour piano, contrairement à son collègue.

Œuvres principales

Musique de chambre

  • Trio pour violon, violoncelle et piano en ut mineur, op. 5 (1857)
  • Quatuor à cordes nº 1 en ut mineur, op. 9 (1858–1859)
  • Quatuor à cordes nº 2 en mi majeur, op. 10 (1860)
  • Quintette avec piano en sol mineur (1886), publié après la mort du compositeur
  • Danses Suédoises pour violon et piano op. 63 – 14 pièces, en 2 livres (1892)
  • Quatre pièces pour violoncelle et piano, op. 70 (1896)
  • Huit pièces pour clarinette, alto et piano, op. 83 (1911)
  • Octuor pour cordes en si bémol majeur, op. posthume

Œuvres symphoniques

  • Symphonie nº 1, op. 28 (1868) Dédiée à Brahms.
  • Symphonie nº 2, op. 36 (1870)
  • Symphonie nº 3, op. 51 (1882, révisée en 1886) Création à New York, le 17 décembre 1883
  • Suite d'après des mélodies populaires russes, op. 79b (1903)
  • Suite nº 2 d'après des mélodies populaires suédoises (1906)
  • Suite nº 3 pour orgue et orchestre (1909, révisée en 1912)

Œuvres concertantes

  • Concerto pour violon nº 1, op. 26 (1865–1867)
  • Romance pour violon et orchestre, op. 42 (1874)
  • Concerto pour violon nº 2, op. 44 (1877)
  • Fantaisie écossaise, pour violon, orchestre et harpe, op. 46 (hiver 1879–80) - Dédiée à Pablo de Sarasate, elle est néanmoins créé par Joseph Joachim à Liverpool, le 22 février 1881. Le titre complet est « Fantaisie pour violon, avec orchestre et harpe, utilisant librement des mélodies traditionnelles écossaises ».
  • Kol Nidrei, pour violoncelle, harpe et orchestre, op. 47 (1880–81) Sous titré « Adagio sur des mélodies hébraïques »
  • Canzone pour violoncelle et orchestra, op. 55 (1891)
  • Adagio appassionato pour violon et orchestre, op. 57 (1891)
  • Concerto pour violon nº 3, op. 58 (1890–1891)
  • Ave Maria, pour violoncelle et orchestre, op. 61 (1892)
  • In Memoriam (adagio) pour violon et orchestre, op. 65 (1893)
  • Sérénade pour violon et orchestre, op. 75 (1899–1900)
  • Konzertstück, pour violon et orchestre, op. 84 (1911)
  • Romance pour alto et orchestre, op. 85 (1911) dédiée à Maurice Vieux
  • Concerto pour clarinette, alto et orchestre, op. 88 (1911)
  • Concerto pour deux pianos et orchestre, op. 88a

Œuvres vocales

Oratorios

  • Oratorio Odysseus, scène d'après l'Odyssée pour soli, chœur & orchestre, op. 41 (1871–72, rev. 1874) Livret de Wilhelm Paul Graff.
  • Oratorio Arminius, op. 43 (1875, révision 1877) Livret de Joseph Cüppers.
  • Oratorio Das Lied von der Glocke, d'après Friedrich Schiller, op. 45 (1872)
  • Oratorio Das Feuerkreuz, op. 52 (vers 1888) Reprise de son Ave Maria, op. 61 pour violoncelle et orchestre.
  • Oratorio Moïse, op. 67 (1893–94)
  • Frithjof-Szenen, cantate pour voix d'hommes, op. 23 (1860, révisée en 1864)

Opéras

  • Opéra-comique Scherz, List und Rache op. 1 (créé le 14 janvier 1858, Cologne)
  • Opéra Die Loreley, en deux actes, op. 16 (livret d'Emanuel Geibel, 14 avril 1863, Mannheim)
  • Opéra Hermione, d'après The Winter’s Tale de Shakespeare. Création à Berlin le 21 mars 1872

Orientation discographique

L'œuvre la plus jouée est incontestablement le premier concerto. Il est difficile de ne pas citer David Oïstrakh (avec Matačić), Jascha Heifetz (avec Sargent), Zino Francescatti (avec Mitropoulos), Isaac Stern (avec Ormandy), parmi d'autres enregistrements historiques de Fritz Kreisler, Nathan Milstein ou Yehudi Menuhin (à plusieurs reprises) ; et chez les jeunes violonistes, Maxim Vengerov (avec Kurt Masur), Joshua Bell (avec Neville Marriner)...

Bibliographie

  • (en) Christopher Fifield, The New Grove Dictionary of Music and Musicians : Bruch, Max (Christian Friedrich), Londres, Macmillan, (édité par stanley sadie) seconde édition, 29 vols. 2001, 25000 p. (ISBN 9780195170672, lire en ligne)
  • Jean Massin et Brigitte Massin, Histoire de la musique occidentale, Paris, Fayard, coll. « Les Indispensables de la Musique », 1985, 1312 p. (ISBN 2-21-302032-9, OCLC 630597950)

Notes et références

  1. Grove 2001
  2. Massin 1985, p. 835
  3. Elles sont empruntées au Scots Musical Museum, un recueil de chants traditionnels de James Johnson. Sont utilisés : Auld Rob Morris, dans l’Adagio cantabile, The Dusty Miller dans l'Allegro, I’m a-doun for lack o’Johnnie dans l'Andante sostenuto, Hey tuttie tatie dans le Finale Allegro guerriero

Liens externes

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  • (de) Max Bruch dans le musée virtuel LeMO du musée historique allemand (DHM)
  • (de) Ausführlicher Lebenslauf
  • (fr) Biographie de Max Bruch et MIDI (site d'où est partiellement tiré cet article)
  • Partitions libres de Max Bruch sur l'International Music Score Library Project


Dernière modification de cette page 02.11.2018 20:44:20

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