François Henri Joseph Castil-Blaze

Date de naissance 1.12.1784 à Cavaillon, Provence-Alpes-Côte d'Azur, France

Date de décès 11.12.1857 à Paris, Île-de-France, France

Castil-Blaze

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François-Henri-Joseph Blaze, dit Castil-Blaze, né à Cavaillon né le décembre 1784 1 ( 1-décembre-1784) (Erreur dexpression : mot « d » non reconnu ans) et mort à Paris le décembre 11 1857, est un musicographe, critique musical, compositeur et éditeur français.

Biographie

Après son enfance passée à Cavaillon, il monte à Paris pour faire des études de droit mais aussi apprendre la musique, notamment au Conservatoire de musique. Après avoir passé à nouveau quelques années dans le Vaucluse, Castil-Blaze se réinstalle définitivement à Paris.

Une grande partie de son activité consiste à adapter des opéras français et étrangers pour différentes scènes de la province française. Dans ces cas-là, Castil-Blaze adapte le livret ainsi que la musique. Ce travail darrangeur sera largement critiqué, mais Castil-Blaze affirmait que cela permettait à une partie du public de se familiariser avec lopéra.

Castil-Blaze sest largement fait connaître comme critique. À partir du 7 décembre 1820, il publie dans le Journal des débats des Chroniques musicales. Dans ces chroniques assez irrégulières, au nombre dune trentaine par an, Castil-Blaze semble jouir dune certaine liberté. La plupart des chroniques critiquent des uvres lyriques, mais dautres sont consacrées à des réflexions sur la musique, à des nécrologies de compositeurs (Weber en 1826, Beethoven en 1828) ou à des critiques de concerts. Castil-Blaze a écrit dans Journal des Débats jusquen 1832, avant de rejoindre le Constitutionnel. Il a aussi collaboré à la Revue musicale de Fétis ainsi quà dautres journaux ou revues. Castil-Blaze est sans doute, en France, le premier critique musical à avoir étudié la musique.

Castil-Blaze est lauteur de plusieurs ouvrages et articles, portant sur la théorie de la musique, son histoire et lhistoire du théâtre. Il a lancé une série de trois ouvrages consacrés aux trois grands théâtres lyriques de Paris : lOpéra, le Théâtre italien et lOpéra-Comique. Il na pu terminer et publier que les deux premiers avant sa mort, le troisième, resté à létat de manuscrit, est conservé à la Bibliothèque nationale de France. Ces ouvrages suscitent aujourdhui lintérêt mais aussi la méfiance des historiens car ils contiennent de nombreuses anecdotes, pas toujours vérifiées.

Castil-Blaze a écrit la traduction française du livret du Barbier de Séville de Rossini en y rajoutant des récitatifs pour la plupart empruntés à Beaumarchais, en en modifiant la structure qui passe de deux à quatre actes et en changeant certaines tessitures vocales[1]. Cet opéra avait été donné en italien à Paris le 26 octobre 1819 au Théâtre italien. La première de la version en français date du 6 mai 1824 à lOdéon. Après de nombreuses vicissitudes dues aux rivalités des théâtres parisiens, lopéra en français avec ses dialogues parlés (opéra-comique) est donné le 8 novembre 1884 à lOpéra-Comique avec un très grand succès et sinstalle au répertoire.

Comme compositeur, Castil-Blaze a surtout réalisé des arrangements dont le plus célèbre est Robin des Bois ou les Trois balles, adaptation de 1824 du Freischütz de Weber, uvre finalement bien éloignée de loriginal[2]. De plus, lopéra reprend des morceaux de musique dautres compositeurs dans la droite ligne du pasticcio baroque et rossinien. Cette version créée à lOdéon le 7 décembre 1824 sera reprise en 1835 à lOpéra-Comique et en 1855 au Théâtre-Lyrique, concurrencée à partir de 1841 par la version du Freischütz fidèlement adaptée par Berlioz[3].

Mais Castil-Blaze est également auteur dun opéra en quatre actes : Belzébuth - ou les Jeux du Roi René, Montpellier (Intégrale) et Paris/Conservatoire (Extraits) 1842, dun opéra comique en un acte : La Colombe, de plusieurs uvres originales, en particulier duvres sacrées, dont deux messes solennelles.

Castil-Blaze a enfin exercé comme éditeur, dabord pour publier ses propres uvres, littéraires comme musicales, mais il ne sy est pas limité : il a, entre autres, édité les uvres de Beethoven.

Castil-Blaze navait pas oublié ses origines provençales. Doté dun esprit vif et fécond ainsi que dun sens critique aigu, Castil-Blaze disait justement[4] : « Je nattache de prix quà mes uvres provençales ; cest le seul bagage poétique et musical que je lègue à la postérité. Léger, mais ficelé de mains de maître, ce colis arrivera plus facilement à son adresse ». Le bagage dont parlait Castil-Blaze, se réduit à douze chansons populaires écrites en langue provençale, quil publia lui-même en 1845. Il sy ajoute vingt-sept pièces de vers quil ne publia pas de son vivant, mais que ses amis félibres publieront après sa mort.

uvres

  • De lopéra en France, Paris, Janet & Cotelle, 1820.
  • Dictionnaire de musique moderne, 2 vol. Paris, Au magasin de musique de la Lyre moderne, 1821. 2e éd. en 1825.
  • Chapelle-musique des rois de France, Paris, Paulin, 1832.
  • La Danse et les ballets depuis Bacchus jusquà Mlle Taglioni, Paris, Paulin, 1832.
  • Le Mémorial du Grand-Opéra, Paris, Castil-Blaze, 1847.
  • Molière musicien en 2 volumes. Paris, Castil-Blaze, 1852.
  • LAcadémie impériale de musique de 1645 à 1855, Paris, Castil-Blaze, 1855.
  • LOpéra italien de 1548 à 1856, Paris, Castil-Blaze, 1856.
  • LArt des vers lyriques, Paris, Castil-Blaze, 1858 (posth.)
  • Histoire de lOpéra-Comique, inachevé, manuscrit.
  • Alexandre Dratwicki, Patrick Taïeb (dir.), Histoire de lOpéra-Comique, Lyon, Symétrie, 2012, 352 p. (ISBN 978-2-914373-69-2) [présentation en ligne].
  • Sur lopéra français. Vérités dures mais utiles, Paris, Castil-Blaze, 1856.

Notes et références

  1. Rosine passe de contralto à soprano.
  2. Par exemple, la réintroduction du chur des chasseurs à la fin crée une fin heureuse qui nest pas celle de loriginal allemand.
  3. Ce dernier, lui aussi critique dans le Journal des débats, vouait Castil-Blaze aux gémonies mais il est paradoxalement devenu une source dinformations importante sur le compositeur cavaillonnais.
  4. Voir les critiques formulées à son encontre par le compositeur et critique musical Berlioz.

Bibliographie

  • (en) Donald Garth Gìslason, Castil-Blaze, « De lOpéra en France » and the feuilleton of the Journal des Débats (1820-1832), Thèse de doctorat de lUniversité de Colombie britannique, 1992.
  • Roger Klotz, Recherches sur Castil-Blaze, Mémoire pour le Diplôme détudes supérieures présenté devant la Faculté des Lettres dAix-en-Provence en 1965.
Dernière modification de cette page 17.08.2013 10:08:21

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