Fats Waller

Fats Waller

Date de naissance 21.5.1904 à New York City, NY, Etats-Unis d Amérique

Date de décès 15.12.1943 à Kansas City, MO, Etats-Unis d Amérique

Alias Thomas Waller

Links www.allmusic.com (Anglais)

Fats Waller

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Thomas Wright Waller, dit Fats Waller, né le 21 mai 1904 à New York, mort le 15 décembre 1943 à Kansas City (Missouri), est un pianiste de jazz, organiste et compositeur américain.

Biographie

La famille Waller est originaire de Virginie et s'est installée à New York au tournant du XXe siècle pour s'assurer un avenir plus favorable. De 1890 à 1910, ils auront onze enfants dont cinq seulement survivront.

Vers l'âge de 6 ans, il se familiarise avec le piano d'une voisine puis reçoit quelques leçons d'une certaine Miss Perry. Il suit souvent ses parents qui prêchent au coin des rues. Au temple, il accompagne les chants sur l'orgue, instrument auquel il restera attaché toute sa vie. Son intérêt pour la musique grandit et l'acquisition d'un piano dans le foyer confirme sa vocation, il sera pianiste.

Dans l'orchestre de l'école, il se distingue en jouant des airs à la mode. Lorsqu'il découvre Harlem et sa vie nocturne, le déclic est foudroyant ; il trouve des petits emplois, joue de plus en plus et traîne aux abords des night-clubs afin d'approcher ses idoles. Au désespoir de son père avec lequel il se brouille, il quitte le domicile familial et fait la connaissance de James P. Johnson, alors maître incontesté du stride, devient son élève et son protégé. À 16 ans, il décroche son premier engagement en tenant l'orgue du Lincoln Theater durant les projections de films muets.

Thomas Wright Waller, qu'on appelle déjà « Fats » en raison de sa corpulence, se révèle très doué. Il rencontre Willie "The Lion" Smith, autre grande figure de l'école stride de Harlem et trouve naturellement sa place dans le milieu professionnel. Sa notoriété ne cesse de grandir tant dans les night-clubs que dans le circuit des soirées privées.

En 1922, il grave ses premiers enregistrements, Muscle Shoals Blues puis Birmingham Blues. Pour la QRS Company, il grave des « pianos-rolls » (rouleaux pour piano mécanique). À 20 ans, c'est un artiste reconnu sur toute la scène de Harlem. Il se lie d'amitié avec Andy Razaf, poète et parolier. Ensemble, ils écrivent des comédies musicales pour Broadway. De ces spectacles sont nés des thèmes qui sont aujourd'hui des standards de jazz, comme Ain't Misbehavin', Black and Blue ou Honeysuckle Rose.

Durant toute sa carrière, Fats Waller ne signera pas moins de 450 compositions. Dans les années 1930, sa popularité en tant que pianiste, compositeur et chanteur est immense. Il enregistre ses plus beaux solos de piano, apparaît dans des films (Symphonie magique (Stormy Weather) en 1943) et fait deux tournées en Europe. Chaque apparition en public déclenche les rires et la bonne humeur tant la personnalité de Fats est explosive et truculente. Avec son orchestre « Fats Waller and his Rhythm » fondé en 1934, il sillonne les États-Unis et grave près de 500 titres.

Parmi ses chansons les plus connues, citons Squeeze Me (1919), Ain't Misbehavin' (1929), Honeysuckle Rose (1929), I’ve Got a Feeling I’m Falling (1929), Blue Turning Grey Over You (1930) et Jitterbug Waltz (1942).

Durant sa tournée triomphale au Royaume-Uni en 1938-1939, il est invité dans l’une des premières émissions de télévision de la BBC. Il y fait aussi quelques enregistrements, avec un orchestre du nom de Fats Waller & His Continental Rhythm. Il enregistre également sa London Suite en solo.

À la demande des producteurs, il ajoute à son répertoire de plus en plus de chansons populaires sans intérêt particulier, qu'il interprètera avec les grimaces et pitreries réclamées par le public. Sur la fin de carrière, il confie à ses amis qu'il est las de son image d'amuseur burlesque et qu'il souffre de ne pas être considéré avant tout comme un musicien. Seuls ses proches et un public plus averti savaient que derrière le clown se cachait un pianiste complet et d'une grande sensibilité.

Après une succession de tournées harassantes qui l'affaiblissent considérablement, Fats Waller meurt à 39 ans d'une broncho-pneumonie le 15 décembre 1943, dans un train à proximité de Kansas City.

Enregistrements

Piano Solos

  • African Ripples (1934, 1935)
  • Alligator Crawl (1934, 1935)
  • Ain't Misbehavin' (1929)
  • Baby, Oh! Where Can You Be? (1929)
  • Basin Street Blues (1937)
  • Because Of Once Upon a Time (1935)
  • Birmingham Blues (1922)
  • Blue Black Bottom (1927)
  • Blue Turning Gray Over You (1935)
  • California, Here I Come (1935)
  • Carolina Shout (1941)
  • Clothes Line Ballet (1935)
  • Down Home Blues (1935)
  • E-Flat Blues (1935)
  • Georgia on My Mind (1941)
  • Gladyse (1929)
  • Goin' About (1929)
  • Hallelujah (1935, 1939, 1943)
  • Handful of Keys (en) (1929, 1935, 1939)
  • Honeysuckle Rose (1935, 1941)
  • I've Got a Feeling I'm Falling (en) (1929)
  • I Ain't Got Nobody (en) (1937)
  • Intermezzo (1939)
  • Keepin' Out of Mischief Now (1937)
  • London Suite (1939)
  • Love Me or Leave Me (1929)
  • Martinique (1943)
  • Muscle Shoals Blues (1922)
  • My Fate is in Your Hands (1929, 1935)
  • My Feelings Are Hurt (1929)
  • Numb Fumblin' (1929)
  • Poor Butterfly (en) (1939)
  • Ring dem Bells (1941)
  • Rockin' Chair (en) (1941)
  • Russian Fantasy (1935)
  • Smashing Thirds (1929)
  • St. Louis Blues (1939)
  • Stardust (1937)
  • Swaltzing with Faust (1939)
  • Sweet Savannah Sue (1929)
  • Tea for Two (1935, 1937, 1939)
  • Turn on the Heat (1929)
  • Valentine Stomp (1929)
  • Viper's Drag (1934, 1935)
  • Waiting at the End of the Road (1929)
  • You're the Top (1935)
  • Zonky (1935)

Fats Waller & His Buddies (1929)

  • The Minor Drag
  • Harlem Fuss
  • That's How I Feel Today
  • Six or Seven Times
  • Looking Good But Feeling Bad
  • I Need Someone Like You
  • Looking for Another Sweetie
  • Ridin' But Walkin'
  • Won't You Got Off Please
  • When I'm Alone

Fats Waller & His Rhythm

Plus de 400 enregistrements parmi lesquels :

  • Ain't Misbehavin' (1939, 1943) - Paroles de Andy Razaf, musique de Fats Waller
  • All That Meat And No Potatoes (1936)
  • Baby Brown (1935)
  • Believe It Beloved (1934)
  • Blue, Turning Grey Over You (1937)
  • Christopher Columbus (1936)
  • Copper Colored Gal (1936)
  • Dinah (1935)
  • Do Me a Favor (1934)
  • Don't Let It Bother You (1934)
  • Fractious Fingering (1936)
  • Hallelujah! Things Look Rosey Now (1936)
  • Honeysuckle Rose (1934, 1937) - Paroles de Andy Razaf, musique de Fats Waller
  • How Can You Face Me? (1934)
  • I'm Gonna Sit Right Down and Write Myself a Letter (en) (1935) - Paroles de Joe Young, musique de Fred E. Alhert
  • I've Got My Fingers Crossed (1935)
  • It's a Sin to Tell a Lie (en) (1936)
  • Lulu's Back In Town (1935)
  • Oh Frenchy (1936)
  • One In a Million (1936)
  • Old Grand Dad (1940)
  • Original E-Flat Blues (1940)
  • Please Keep me in your Dreams (1939)
  • Serenade For a Wealthy Widow (1934)
  • Two Sleepy People (en) (1938)
  • What's the reason (I'm not pleasin' you)? (1935)

Filmographie

  • 1936 : King of Burlesque : Ben
  • 1943 : Symphonie magique (Stormy Weather) : lui-même[1]

Anecdotes

  • Le film Soyez sympas, rembobinez, de Michel Gondry, est parcouru par le récit de la création d'un documentaire/fiction amateur consacré à la vie de Fats Waller.
  • Un jour, Fats Waller fut enlevé par quatre gangsters sous la menace de leurs armes et jeté dans une limousine. Étant noir et ses ravisseurs blancs, Fats était terrorisé. On l'emmena à une réception où on le fit s'asseoir au piano. Fats Waller était le cadeau d'anniversaire fait à Al Capone par ses hommes. Capone lui servit du champagne et remplissait ses poches de billets à chaque fois qu'il lui jouait un air à sa demande. Fats rentra chez lui au bout de trois jours avec une gueule de bois et les poches remplies de billets...
  • Sous ses yeux, sa mère dut être évacuée de chez elle par un treuil car son obésité lui interdisait de franchir la porte d'entrée. Cette épreuve fut pour lui un traumatisme alors qu'il n'avait que 16 ans. Cela ne calma guère sa boulimie. Refusant par la suite de vivre seul dans le domicile familial, il se mit alors à « squatter » chez James P. Johnson, ce qui lui permit quand même d'y découvrir le piano mécanique, et donc ce fabuleux art qui plus tard fera sa gloire[2].

Bibliographie

  • (en) Ain't Misbehavin': The Story Of Fats Waller, Ed Kirkeby (Dodd, Mead & Company 1966)
  • (en) Fats Waller, the Cheerful little earful, Alyn Shipton (2005)
  • (en) Fats Waller, His Life & Time , Alyn Shipton (Omnibus Press UK, 1988)
  • (en) Fats Waller, Performances in transcription, Paul S. Machlin (AR Éditions Inc, 2001)
  • (en) Stride : The music of Fats Waller, Paul S. Machlin, (Twayne Publishers, 1985)
  • (en) Fats Waller, Maurice Waller and Anthony Calabrese (Schirmer Books, 1997)
  • Fats Waller, bande dessinée de Igort et Carlos Sampayo (2004)
    • tome 1 : La Voix de son maître
    • tome 2 : Chocolat Amer

Notes et références

  1. (en) « Filmographie de Fats Waller », sur imdb.com (consulté le 9 juin 2013).
  2. Jazzman no 102, 1er mai 2004.

Liens externes

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