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La Société fédérale des orchestres au service de la musique depuis un siècle

L’orchestre symphonique des jeunes «Arabesque» de Thun est lui aussi membre de la Société fédérale des orchestres. - Source : eov-sfo.ch L’orchestre symphonique des jeunes «Arabesque» de Thun est lui aussi membre de la Société fédérale des orchestres. (Source : eov-sfo.ch)

En Suisse, les amateurs de musique classique en direct ont l’embarras du choix. En effet, de très beaux concerts y sont donnés à un rythme quasi quotidien, par des orchestres professionnels nationaux ou des ensembles internationaux invités, où se produisent des solistes de renommée mondiale. Mais la scène diversifiée des concerts compte également de nombreux orchestres et ensembles amateurs, auxquels se dédient des musiciens durant leur temps libre. On y trouve, d’ailleurs, un nombre considérable d’auditrices et auditeurs de Radio Swiss Classic. La plupart des formations sont membres de la Société fédérale des orchestres, qui célèbrera ses 100 ans le 22 septembre 2018 à Aarau, et donnera pas moins de 24 concerts gratuits à cette occasion.

Par Irène Maier

Il existe en Suisse une quantité d’orchestres amateurs, qui se sont formés bien avant la création de la Société fédérale des orchestres en 1918. Chaque ville et chaque petite ville avaient alors leur propre orchestre, mais ceux-ci étaient livrés à eux-mêmes. Ce n’est qu’au début du 20e siècle que l’idée d’une association faîtière organisée est née, dans la région de Zurich, où plusieurs orchestres évoluaient sur une scène musicale animée.

Quelques-uns de ces orchestres amateurs se sont professionnalisés au cours du temps. D’autres ont conservé leur statut, sans pour autant renoncer à viser haut, pour certains d’entre eux. Tous, en revanche, partagent la volonté de faire vivre la musique classique à différents niveaux. Chemin faisant, la Société fédérale des orchestres a atteint aujourd’hui sa centième année.

Et entretemps, le nombre de ses membres s’est stabilisé autour de 200 depuis quelques années, dont 40 jeunes orchestres. La palette est vaste, on y trouve aussi bien des petits ensembles de chambre que des grands orchestres symphoniques. La majorité d’entre eux est dirigé par des chefs d’orchestres professionnels.

Bibliothèque de partitions et échanges internationaux

L’un des objectifs premiers de la Société, lors de sa fondation, était la mise en place d’une bibliothèque de partitions commune. Car il n’était pas simple, pour les orchestres amateurs, de se procurer des partitions. De plus, cela impliquait souvent des frais importants. Aujourd’hui encore, la bibliothèque de partitions est l’une des prestations principales de la Société fédérale des orchestres. Les membres peuvent y emprunter les partitions de toutes les œuvres courantes, y compris toutes les parties séparées, dans une seule et même édition. Un autre avantage de la Société est le contrat forfaitaire qu’elle a conclu avec la SUISA, la coopérative des auteurs et éditeurs de musique suisse.

Enfin, la Société fédérale des orchestres a franchi une étape mémorable dans les années 80, lorsque sa présidente à l’époque, Käthi Engel Pignolo, a accéléré son intégration et sa mise en réseau avec les autres sociétés musicales européennes. Son affiliation à l’European Orchestra Federation (EOFed) a permis à la Suisse de renforcer la collaboration internationale. Ainsi, une rencontre entre orchestres est organisée tous les trois ans depuis 1988.

Entretenir l’intérêt des jeunes pour la musique classique

Johannes Reinhard, le président de la Société des orchestres SFO - Source : eov-sfo.ch Johannes Reinhard, le président de la Société des orchestres SFO (Source : eov-sfo.ch)

Le nombre important de jeunes orchestres, sans compter les orchestres des écoles de musique, témoigne de l’intérêt vivace des enfants et des jeunes pour l’apprentissage d’un instrument. Le président de la Société des orchestres, Johannes Reinhard, est d’avis qu’il est «cool» pour les jeunes de jouer au sein d’un orchestre, pour peu que l’on les laisse s’atteler à des œuvres majeures. Il précise toutefois que, malheureusement, nombreux sont ceux qui arrêtent la musique une fois qu’ils commencent un apprentissage, ne pouvant ou ne voulant plus y consacrer du temps. Ceux qui restent sont majoritairement des étudiants, car ceux-ci ont le loisir d’organiser leur temps librement. Résultat: on assiste à une académisation des jeunes orchestres, qui n’est pourtant pas le but recherché. Selon l’article sur la formation musicale, introduit dans la Constitution en 2012 à la suite d’une initiative populaire, chaque enfant et chaque jeune, quelle que soit son origine ou sa formation, doit avoir la possibilité de faire de la musique. Pour Johannes Reinhard, il reste encore un bon bout de chemin à faire sur ce point.

Concerts gratuits lors de la fête des orchestres du 22 septembre 2018 à Aarau
Informations sur la Société fédérale des orchestres


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