Pixies

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Pixies

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Pixies
Pixies in Kansas City, October 1, 2004.jpg
Genre(s) College rock, rock alternatif
Années actives De 1986 à 1993
Depuis 2004
Label(s) 4AD, Elektra, Spin Art, Artemis
Membres actuels Frank Black, David Lovering, Joey Santiago, Paz Lenchantin
Anciens membres Kim Deal, Kim Shattuck

Pixies est un groupe de rock alternatif américain formé en 1986[1] à Boston, Massachusetts[2]. Le groupe sest séparé en janvier 1993 dans des conditions quelque peu houleuses, mais sest reformé en avril 2004. Depuis l'origine, il est constitué de quatre membres : Black Francis (né Charles Thompson IV, et ayant aujourd'hui pour nom d'artiste Frank Black) (chant et guitare rythmique), Joey Santiago (guitare lead), Kim Deal (basse et chant) et David Lovering (batterie). Le groupe n'a rencontré qu'un modeste succès dans son pays d'origine, contrairement à l'Europe où ses albums ont touché beaucoup de monde[3].

La musique des Pixies puise notamment ses influences dans le punk rock et la surf music des années 1960, et se caractérise par sa richesse mélodique, sa dynamique particulière (couplets calmes et refrains endiablés). Les chansons étaient écrites en quasi-totalité par Black Francis, le chanteur et guitariste du groupe. Ses textes sont délibérément obscurs, souvent surréalistes[4], et traitent de sujets aussi divers et abscons que l'ufologie, la maladie mentale, les blessures physiques et linceste, avec de nombreuses références bibliques[5],[6].

Le groupe est largement considéré comme l'un des fers de lance de lexplosion du rock alternatif du début des années 1990, bien quil se soit séparé avant davoir pu bénéficier pleinement de ce statut de pionnier[7],[8]. Leur influence s'est considérablement étendue après leur séparation[9],[10]. Ce statut d'artiste culte n'est sans doute pas étranger au succès de Nirvana, dont le leader Kurt Cobain a maintes fois publiquement reconnu que son groupe devait énormément aux Pixies[11].

Histoire

Formation du groupe

Lhistoire des Pixies commence en 1984, avec la rencontre de Joey Santiago et de Black Francis (né Charles Michael Kitteridge Thompson IV[12]) alors quils nétaient encore quétudiants en économie à lUniversité Amherst du Massachusetts[13]. Le hasard voulut que les deux futurs amis partagent la même résidence universitaire. Leur passion commune pour la musique fit quils se lièrent rapidement damitié. Joey était un passionné du punk rock des années 1970 et de Bowie, tandis que Francis appréciait plutôt des artistes des années 1960, tels les Beatles et Donovan. Cest donc Joey qui se chargea dinitier Francis au punk rock. Le duo enregistra quelques maquettes à deux guitares, sans objectif ou projet particulier[14]. En septembre 1985, Francis partit pour un an à Porto Rico, dans le cadre dun échange universitaire. Il se retrouva dans un dortoir composé pour moitié de jeunes portoricains homosexuels très extravertis[15]. Le mal du pays et sa difficulté à maîtriser lespagnol[16] firent quil rentra à Boston au bout de six mois, en mars 1986. Là, il parvint à convaincre Joey dabandonner les études et de monter un groupe de rock[14],[17]. Les deux compères passèrent alors leur temps à composer, tout en vivotant d'un travail de manutentionnaire sur les docks de la ville[18]. En juin 1986, ils décidèrent de passer une petite annonce dans un journal local, le Boston Phoenix afin dy recruter une bassiste sachant chanter en harmonie et aimant Peter, Paul and Mary et Hüsker Dü[19].

Kim Deal, jeune laborantine tout juste mariée et fraîchement débarquée à Boston fut la seule personne à répondre à lannonce[20]. Francis et Santiago surent dès le début que c'était elle qu'il leur fallait, en dépit du fait que Kim nait jamais touché de basse de sa vie[21],[22]. Le groupe commença dès lors à répéter avec une boîte à rythmes, mais la nécessité dun batteur se fit sentir. Ce fut dabord Kelley Deal, sur jumelle de Kim, qui fut pressentie. Francis et Kim se partagèrent le prix du billet davion pour la faire venir de lOhio. Kelley passa l'audition avec succès, mais refusa dintégrer le groupe en déclarant que cela ne lintéressait pas et repartit dès le lendemain[23]. Kim se souvint alors de David Lovering, croisé à la réception de son mariage et vieille connaissance de son mari[24],[25]. Non seulement David accepta, mais il proposa au groupe de répéter dans le garage de ses parents, chez qui il vivait toujours[26],[27]. Restait à trouver un nom à ce groupe fraîchement formé. Joey, qui avait souvent recours au dictionnaire (langlais nétant pas sa langue maternelle) tomba par hasard sur ce drôle de mot qui désigne de petits elfes malicieux[14]. Après avoir envisagé des noms tels que Pixies in panoply et Things on fire[28], le nom de Pixies fut définitivement adopté[29],[30]. Cest sous ce nom quils donnèrent leur premier concert, au Rathskeller de Boston en septembre 1986[31].

Le contrat avec 4AD et Come On Pilgrim

Alors quils jouaient en première partie des Throwing Muses, ils furent remarqués par le producteur Gary Smith, des fameux studios Fort Apache. Il approcha le groupe en ces termes : « je ne trouverai pas le sommeil tant que vous ne serez pas mondialement célèbres »[14]. Peu de temps après, en mars 1987[32], le groupe senferma en studio pour trois jours[33], le temps denregistrer dix-sept ou dix-huit titres sous la houlette de Gary Smith. Lenregistrement constitua la maquette plus connue sous le nom de Purple Tape, à cause de la couleur violette (Purple) de la cassette. Ce fut le père de Black Francis qui avança les 1 000 dollars nécessaires à lenregistrement. Cette cassette nétait destinée quà assurer la promotion du groupe auprès des maisons de disques et fut envoyée, entre autres, à Ivo Watts-Russell de 4AD et au promoteur local Ken Goes qui devint le manager du groupe[14]. Watts Russell ne fut pas spécialement impressionné par la cassette, mais signa le groupe après sêtre laissé convaincre par sa petite amie dalors[14],[34],[35].

Suite à la signature du groupe chez 4AD, huit titres issus de la Purple Tape furent sélectionnés pour figurer sur le mini-album Come On Pilgrim, premier opus du groupe, publié le 12 octobre 1987. Le titre de ce premier disque est tiré des paroles de Levitate Me, elles-mêmes inspirées dune harangue utilisée par le pionnier du rock chrétien Larry Norman durant ses concerts : « Come on pilgrim/ You know he loves you »[14]. Élevé au sein dune famille très religieuse, Francis racontera en interview avoir vu Larry Norman sur scène à loccasion dun camp de vacances chrétien. Plus tard, lorsquil deviendra Frank Black, il reprendra lun des titres de Larry Norman, et montera même sur scène avec lui. C'est au moment de créditer les quatre membres du groupe sur la pochette du disque que Charles Thompson décida de se faire appeler Black Francis[36]. Il avoua plus tard que ce coup de tête était un hommage, certes discret, à Iggy Pop. Dans le même ordre d'idée, Kim Deal apparut sous le nom de Madame John Murphy, son mari dalors. Selon elle, il s'agissait là d'une blague féministe.

Sur Come On Pilgrim, Francis fait allusion à son voyage à Porto Rico (Vamos, Isla De Encanta). Les textes évoquent la pauvreté des habitants de lîle et leur désir de connaître une existence meilleure. Les paroles à connotations religieuses de Come On Pilgrim et des albums à venir sont un écho des jeunes années de Black Francis, passées au sein de lÉglise Pentecôtiste[37].

Come On Pilgrim présente déjà toutes les caractéristiques du groupe : mélange des idiomes avec la présence de lespagnol (Vamos et Isla De Encanta), textes traitant de linceste (Nimrod's Son), du sexe (l'onanisme est le thème de The Holiday Song) et de la religion (animiste en l'occurrence, sur Caribou), mais aussi le style erratique de Joey Santiago, les harmonies vocales de Kim Deal, et la très large palette vocale de Black Francis, qui va du fausset de Ive Been Tired aux grondements sauvages de Caribou ou de Vamos[38].

Surfer Rosa et Doolittle

Come On Pilgrim fut suivi de Surfer Rosa, premier véritable album du groupe. Enregistré et produit par Steve Albini (engagé par Ivo Watts Russell sur conseil dun de ses collègues de 4AD)[39] et bouclé en deux semaines ; l'album sortit début 1988. Albini sera plus largement connu en 1993, lorsquil produira le dernier album de Nirvana, In Utero, à la demande de Cobain, pour qui Surfer Rosa était un disque de chevet. Cobain en appréciait particulièrement le son de batterie brut et puissant lune des griffes caractéristiques dAlbini[40]. Avec Surfer Rosa, les Pixies sattirèrent les louanges du monde musical. Des revues spécialisées comme le Melody Maker et Sounds le déclarèrent album de lannée[14]. Le succès critique de lalbum fut tel que le groupe signa un accord de distribution sur le marché nord-américain avec Elektra, avant même la sortie du nouvel album.

Surfer Rosa, comme son prédécesseur, fait preuve dinventivité et varie les plaisirs. Bone Machine, qui ouvre lalbum, fait étalage de la force de frappe de David Lovering avec sa batterie très en avant. On y trouve aussi de la pop aux guitares incisives (Broken Face, bel exemple de texte surréaliste de Black Francis[41], Break My Body, Brick Is Red) ou encore du punk hardcore bestial (Something Against You, très influencé par Hüsker Dü). Vamos, réenregistrée pour loccasion, apparaît aussi sur lalbum. Avant cette nouvelle version de la chanson, on trouve un petit dialogue entre Black Francis et Kim Deal, où le chanteur envoie proprement paître la bassiste. Certains y ont vu un révélateur de tensions déjà existantes au sein du groupe, alors quil nen est rien, il ne s'agit en fait que dune simple farce. Les tensions qui conduiront à limplosion du groupe n'apparaîtront que plus tard.

Surfer Rosa contient deux chansons devenues très populaires : Gigantic, écrite et chantée par Kim Deal[42], et Where Is My Mind?, devenu avec le temps le grand tube des Pixies. Le fait que le titre ait été utilisé en générique de fin de Fight Club y est sans doute pour beaucoup. Lors des premières années des Pixies, cest cependant bien Gigantic qui était le morceau préféré des foules, ce qui, dit en passant, rendit Black Francis très jaloux.

Entre février et mai 1988, les Pixies réalisèrent leur première tournée européenne, en première partie des Throwing Muses. À cette occasion, le groupe enregistra sa première Peel Session. Il y en eut six au total, jusquen juin 1991. Ces sessions furent compilées en 1998 sur lalbum Pixies at the BBC[43].

Fin 1988, le groupe fut mis en relation avec Gil Norton, censé produire leur second album, Doolittle (provisoirement intitulé Whore[14]). Pour loccasion, la durée de lenregistrement et le budget grimpèrent en flèche : les sessions sétalèrent sur les six dernières semaines de 1988, et leur coût avoisina les 40 000 dollars, soit le quadruple de ce quavait coûté Surfer Rosa[44]. Le son perd son côté brut, mais gagne en ampleur. La production de Norton est indéniablement plus propre. Les sujets abordés par Black Francis restent similaires à ceux des deux premiers disques : la religion, les blessures physiques (la mutilation et les pertes de sang en particulier), les souvenirs de Porto Rico Les paroles sont toujours aussi surréalistes :

Debaser, premier morceau, est un hymne au film de Luis Buñuel, Un chien andalou (1929). Here Comes Your Man, chanson pop faussement innocente[45], est le premier single tiré de Doolittle. Monkey Gone to Heaven, enregistré avec un quatuor à cordes, sera le second. Lunique contribution de Kim Deal sintitule Silver, et voit pour loccasion la jeune femme passer à la slide guitar, tandis que David Lovering soccupe de la basse[46]. Ce dernier chante également La La Love You, une chanson damour naïve quelque peu atypique pour le groupe. Tout comme Surfer Rosa, Doolittle fut loué par la critique et les fans. Le disque fut certifié or aux États-Unis en 1995, et classé parmi les meilleurs disques de tous les temps par nombre de revues musicales, dont Rolling Stone[47], Q et NME.

Hiatus

Lalbum Doolittle fut promu via deux tournées aux noms fantaisistes, l'une en Europe (Sex And Death Tour)[48] et l'autre en Amérique du Nord (Fuck Or Fight Tour). Si le groupe se permit quelques fantaisies lors de la tournée européenne (notamment certains concerts avec les morceaux joués dans l'ordre alphabétique[7]), c'est aussi durant cette tournée que les tensions entre Black Francis et Kim Deal apparurent. Ainsi le 15 juin 1989, sur scène, à Stuttgart, Black Francis jeta une guitare en direction de Kim Deal car cette dernière était arrivée au concert avec une heure de retard[49]. Santiago expliquera, des années plus tard, dans une interview à Mojo[50], que Black Francis songea même à renvoyer Deal avant lenregistrement de Bossanova. Seule la persuasion de lavocat du groupe permit dempêcher léviction de la bassiste. Deal sen sortit ainsi avec un simple avertissement[51],[52].

Exténué par deux années de concerts entre lEurope et les États-Unis, le groupe finit son Fuck Or Fight Tour sur les rotules. Lors de la dernière date américaine, Kim Deal, ivre, ne tenait même plus debout, tandis que Joey Santiago se cassa la main en tentant de briser une guitare à la fin du concert. Le groupe décida alors dannoncer une pause dans ses activités. Joey en profita pour faire du tourisme dans le Grand Canyon, David fit de même en voyageant en Jamaïque. Francis sacheta une Cadillac jaune et partit faire le tour des États-Unis avec sa compagne, Jean Walsh. À loccasion il donna quelques concerts, seul, pour gagner de largent et meubler ainsi son nouvel appartement de Los Angeles. Quant à Kim, elle réactiva son groupe de jeunesse, The Breeders, en compagnie de sa sur Kelley, de Tanya Donelly des Throwing Muses et de la bassiste Josephine Wiggs de Perfect Disaster. Le groupe enregistra l'album Pod, sorti en 1990[53].

Bossanova, Trompe Le Monde et la séparation

En 1990, tous les membres des Pixies, à l'exception de Kim Deal, partirent vivre à Los Angeles[54], car selon David Lovering, le studio d'enregistrement se trouvait là[55]. Doté d'un budget plus conséquent, Bossanova fut enregistré sur un 46 pistes, alors que Doolittle l'avait été sur un 24 pistes. Contrairement aux disques précédents, Black Francis composa la majorité des titres en studio[56]. Avec Bossanova, Black Francis affirma un caractère de plus en plus despotique[57]. Il limita ainsi drastiquement lapport de Kim Deal au groupe, tant au niveau de lécriture que des churs ; toutes les chansons originales furent signées Black Francis. Lalbum sortit en août 1990 et durant la tournée qui suivit, Deal manifesta à diverses reprises son désaccord en multipliant les déclarations tapageuses, notamment au sujet de la dissolution imminente du groupe. Cependant les Pixies étaient au sommet de leur popularité : ils furent propulsés en tête daffiche du gigantesque festival de Reading, le 27 août 1990, où ils livrèrent une prestation mémorable.

Bossanova montre un changement dorientation dans les textes des Pixies. Black Francis y évoque sa passion pour la science-fiction, les ovnis, les enlèvements par les extraterrestres[4]. Musicalement, la surf music est la source d'inspiration majeure pour cet album. D'ailleurs le premier titre, Cecilia Ann, est une reprise du groupe The Surftones, pionniers du genre. Pour la première fois, Black Francis chante de façon bien plus mélodieuse (à la seule exception de Rock Music) et abandonne pratiquement les hurlements qui étaient sa marque de fabrique. Des titres comme Ana, Havalina développent une atmosphère quasi élégiaque. Les soli de Santiago sont eux aussi moins agressifs que sur les précédents albums.

La tournée Bossanova sacheva en décembre 1990. Tordant momentanément le cou aux rumeurs récurrentes prédisant sa séparation, le groupe commença à travailler sur son prochain disque. Des bruits de couloir prétendaient que le groupe allait sessayer au heavy metal[58], et la sortie du single Planet Of Sound, au son particulièrement carnassier, ne faisaient que les conforter. Pour Black Francis, Trompe le Monde était son disque punk rock, et rien dautre. Du point de vue des textes, le leader des Pixies confirmait son obsession pour lufologie[59], la science-fiction et les voyages interstellaires (notamment sur Bird Dream of the Olympus Mons et Motorway To Roswell, l'histoire d'un voyage d'extraterrestres qui tourne mal)[59] ou des thèmes inattendus comme un hommage à l'ingénieur Gustave Eiffel sur le titre Alec Eiffel. Les compositions gagnèrent en densité, avec notamment la présence sur certains titres dEric Drew Feldman, clavier de Pere Ubu et de Captain Beefheart.

Le groupe tourna en Europe durant lété 1991 puis en Amérique du Nord en automne-hiver 1991-1992, assurant même la première partie de U2 sur 30 dates entre février et avril 1992. La tournée se termina avec une dernière date au Commodore Ballroom de Vancouver le 25 avril 1992, qui fut pendant douze ans le dernier concert des Pixies. Les tensions étaient alors telles que Kim et Francis ne sadressaient même plus la parole. Après ce dernier concert, Francis annonça aux autres membres son intention de prendre une année sabbatique, pendant laquelle il allait en fait enregistrer son premier album solo. Kim Deal partit en tournée avec les Breeders[60].

Joint par satellite le 13 janvier 1993[61] par Mark Radcliffe pour lémission Hit The North sur BBC Radio 5, Black Francis confirma la fin des Pixies à lanimateur qui le questionnait à ce sujet. Il annonça ensuite la nouvelle à Joey Santiago par téléphone. Dave Lovering et Kim Deal reçurent un fax[62].

Après la séparation

Black Francis se fit appeler Frank Black et sortit trois albums en solo. Puis il forma un nouveau groupe, nommé Franck Black and the Catholics, en compagnie de Scott Boutier, Eric Drew Feldman, Rich Gilbert, David McCaffrey et Dave Phillips. Le groupe sortit six albums partagés entre punk, folk et country rock. En 2005, Frank Black sortit son quatrième album solo, Honeycomb, enregistré avec des musiciens de séance de Nashville. En 2006 sortit Fast Man/Raider Man, double album issu des mêmes sessions. En 2007, Frank Black reprit son ancien pseudo Black Francis à l'occasion de la sortie de l'album Bluefinger.

Deal repartit vers les Breeders, obtenant un gros succès avec Cannonball, issu du deuxième album du groupe, Last Splash. Le groupe mit ensuite neuf ans à sortir son troisième opus, Kelley Deal luttant notamment contre une addiction à lhéroïne[63]. Title TK, troisième album du groupe sortit en 2002 ; de la précédente formation, seules les surs Deal étaient restées. Pendant le hiatus imposé aux Breeders, Kim Deal monta The Amps, qui sortirent un unique album en 1995, Pacer[64].

David Lovering tenta de rejoindre Depeche Mode, puis tint la batterie chez Cracker et sur lalbum solo Tanya Donelly, Lovesongs for Underdogs (1997). Il se reconvertit ensuite comme illusioniste, son nom de scène étant The Scientific Phenomenalist, ouvrant notamment pour Frank Black et les Breeders[65].

Joey Santiago a joué sur les deux premiers albums solo de Frank Black, avant de former un groupe avec sa femme Linda Mallari, The Martinis. Le premier album du groupe, Smitten, est sorti en 2004[66].

Après la dissolution des Pixies, 4AD a sorti plusieurs compilations, telles que Death to the Pixies, Complete 'B' Sides, Pixies (The Purple Tape) et Pixies at the BBC.

Depuis 2004 : La reformation

Onze ans après la séparation du groupe, de nombreuses rumeurs se mirent à circuler sur une nouvelle tournée. En juillet 2003, interrogé par une radio londonienne quant à une reformation des Pixies, Thompson répondit sur le ton de la plaisanterie : "Hé, mais on se voit et on jamme ensemble tout le temps !". Ce qui était une simple blague de la part de Thompson fut malgré tout pris au sérieux et se répandit comme une traînée de poudre, notamment sur Internet. Étonné de l'intérêt que suscitait la nouvelle de la reformation, Thompson songea alors réellement à remonter son groupe de jeunesse[67]. En octobre 2003, la rumeur se fit de plus en plus pressante, mais ce nest que le 4 février 2004 que le groupe annonça officiellement sa reformation. Le premier concert depuis douze ans eut lieu le 13 avril au Fine Line Music Cafe de Minneapolis[68], et marqua le point de départ dune première série de quinze concerts dans l'ouest des États-Unis et au Canada, dont le point culminant fut le festival Coachella Valley Music and Arts. Les billets pour ces spectacles se sont souvent vendus en quelques minutes, même dans des villes canadiennes de taille moyenne comme Winnipeg ou Regina.

Suivirent une date au Brésil le 8 mai 2004, une tournée européenne (25 mai- 11 juillet), une date au Japon (30 juillet), trois dates en Angleterre (20-21-22 août) puis une tournée aux États-Unis (4 septembre- 18 décembre). Sur cette première tournée mondiale en douze ans, le groupe puisa énormément dans ses premiers albums, délaissant notamment Bossanova et Trompe le Monde.

Les Pixies revinrent en 2005 avec une nouvelle tournée américaine[69] qui débuta à Portland, Oregon, le 26 mai 2005 et qui se termina le 8 août 2005 à Boston (ce dernier concert faisant lobjet dun DVD sorti dans le commerce). Puis le groupe embarque pour lEurope et une tournée des festivals (17 août- 1er septembre). Quatre dernières dates américaines (29-30 septembre, 1er-2 octobre) précédèrent la première tournée japonaise du groupe (3-11 décembre 2005). Lannée 2005 sembla être la meilleure année de la reformation des Pixies, avec un répertoire plus étoffé que lannée précédente : des pièces maîtresses comme Alec Eiffel, Stormy Weather, mais aussi The Sad Punk, ainsi que des morceaux plus rarement joués (Dancing The Manta Ray, Weird At My School) firent leur retour.

En 2006, les Pixies se contentèrent d'une tournée des festivals européens, soit neuf dates, du 13 au 23 juillet.

Enfin 2007 vit les Pixies jouer pour la première fois en Australie, le temps de neuf nouvelles dates (27 mars- 7 avril). Ce fut à l'occasion de cette tournée australe que le groupe donna ce qui semblait être son dernier concert, le 7 avril, au Southern Roots de Hobart, Tasmanie. En effet, fin juin 2007, Frank Black confia à Colin Murray lors d'une interview pour BBC Radio 1 que les Pixies étaient probablement séparés pour de bon, le groupe n'ayant pas réussi à s'entendre en studio quant à un hypothétique nouvel album[70]. En décembre 2007, Kim Deal expliquait dans une entrevue à Rolling Stone quil ny aurait pas de nouvel album des Pixies, tout simplement car elle ne le souhaitait pas[71]. Cette entrevue venait confirmer les rumeurs que la seconde séparation des Pixies était due au fait que la bassiste ne souhaitait pas compromettre lhéritage du groupe.

En janvier 2008, dans une entrevue pour The Skinny, Black se faisait quant à lui plus explicite : « La reformation du groupe a été un succès, mais s'est terminé en queue de poisson (...) Nous ne ferons pas de nouvel album »[72]. Fin août 2008, dans une interview donnée pour le NME, Frank Black remet le sujet du nouvel album des Pixies sur la table, qu'il envisage désormais comme "possible"[73].

"Je dois m'assurer que le groupe, dans son intégralité, veut retourner en studio afin d'y enregistrer un nouveau disque (...) Nous ne pouvons pas nous contenter de jouer nos vieilles chansons encore et encore."

Interrogée par la BBC le 2 septembre 2008 quant à l'éventualité d'un nouveau disque des Pixies, Kim Deal n'a ni infirmé, ni confirmé la rumeur. Fin décembre 2008, il semblerait que la rumeur d'un nouvel album des Pixies soit de nouveau enterrée : Kim Deal est toujours réticente à cette idée, tandis que Joey Santiago et David Lovering viennent de fonder un nouveau groupe, Everybody[74]. Enfin, Thompson lui-même n'est pas en reste : le 9 février 2009 est sorti le premier album de Grand Duchy, le groupe qu'il a monté avec sa seconde épouse, Violet Clarke. Ce premier effort s'intitule Petits Fours.

2009 marque le grand retour des Pixies. Le 13 mars, le groupe est annoncé comme tête d'affiche du festival de L'Ile de Wight, le dimanche 14 juin 2009[75]. Le 17 avril 2009, les deux principaux forums de discussion consacrés aux Pixies répercutent la nouvelle qu'une "grande nouvelle" concernant les Pixies sera annoncée le lundi 20 avril par le biais du magazine Rolling Stone[76]. La nouvelle, dévoilée avec une journée de retard, fera finalement l'effet d'un soufflé puisqu'il s'agit d'une réédition des précédents albums sous la forme d'un coffret intégral, avec pour seule particularité des illustrations inédites de Vaughan Oliver et Simon Larbalestier[77].

Le groupe joue le temps de 7 dates du 11 au 21 juin, et reprend sur scène Cecilia Ann, Rock Music, Dig For Fire pour la première fois depuis 1992, ainsi que Boom Chicka Boom.

Dans la foulée, le magazine britannique NME rapporte les propos de Frank Black : selon ce dernier, le groupe retournerait en studio pendant l'année 2010 afin d'y enregistrer leur cinquième album. De plus ce nouveau projet serait un mélange entre musique et cinéma, et pourrait voir la collaboration avec un grand réalisateur, le nom de Quentin Tarantino ayant été évoqué[78].

Le 29 juin 2009, de nouvelles dates sont annoncés : les Pixies ont prévu de tourner en Europe du 30 septembre au 16 octobre et aux États-Unis du 4 au 30 novembre, afin de fêter les 20 ans de leur deuxième album, Doolittle[79]. À cette occasion, le groupe reprend sur scène l'album en intégralité et dans l'ordre. Le morceau Silver est joué pour la première fois sur scène lors de cette tournée. Une autre tournée passe aussi en Australie et en Nouvelle-Zélande du 11 au 30 mars 2010[80].

Le groupe revient en Europe avec deux dates à Toulouse les 25 et 26 mai 2010, puis une poignée de concerts en Espagne, Belgique, Italie et Israël. Contrairement à ce qui était attendu, le groupe ne reprend pas Doolittle sur scène, mais reprend des morceaux de Surfer Rosa (Break My Body, pour la première fois depuis 1991), Bossanova et Trompe Le Monde.

Au vu du contexte politique tendu, le groupe annonce le 6 juin 2010 l'annulation du concert prévu à Tel-Aviv[81], non sans déclencher une polémique parmi les fans, notamment sur le Myspace du groupe.

Une tournée canadienne (incluant quelques concerts en sol américain) est annoncée pour le printemps 2011.

Le 14 juin 2013 le groupe annonce que Kim Deal quitte la formation[82].

Le 27 juin 2013 un nouveau morceau intitulé Bagboy est diffusé par la BBC 6 Music puis disponible en téléchargement gratuit le lendemain sur Internet[83].

Le 1 juillet 2013, le groupe annonce sur son site une tournée européenne de pas moins de 18 dates et qui débute le 29 septembre à l'Olympia de Paris. Kim Shattuck, du groupe The Muffs, remplace Kim Deal.

Le 3 septembre 2013, Pixies sort un EP comprenant quatre titres, intitulé EP1, disponible au format numérique.

En décembre 2013, Paz Lenchantin remplace Kim Shattuck à la basse avant une tournée mondiale les premiers mois de l'année 2014.

Le 4 janvier 2014, Pixies sort EP2 qui contient lui aussi quatre titres et est vendu sur le site du groupe, comme le premier. Le 24 mars 2014, le groupe sort EP3. Le même jour, il annonce la parution de son cinquième album Indie Cindy pour le 28 avril 2014. Ce disque regroupe les 3 EPs précédemment sortis. Une édition Deluxe Double-CD Book (3000 exemplaires) propose, en plus de lalbum, un enregistrement live capté lors de la tournée américaine du groupe et un livret de 40 pages[84].

Style musical

Bien que le style musical des Pixies ait changé au fil du temps, le groupe a toujours été considéré comme un groupe de rock alternatif. Les Pixies se sont essayés à plusieurs styles de chansons, tout en conservant un style bien particulier : hurlements de Black Francis, contre-chants de Kim Deal (les meilleurs exemples se trouvent sur I Bleed et Debaser), la guitare erratique de Joey Santiago. Le groupe est progressivement passé dun son indie rock sur ses deux premiers disques à un son plus étoffé, notamment sur ses deux dernières sorties, Bossanova et Trompe Le Monde, où ils expérimentèrent dautres styles, dont la surf music (Cecilia Ann) ou le heavy metal (Planet Of Sound).

Influences

Les Pixies puisent leurs influences dans un spectre musical très large ; chaque membre a été nourri par des styles musicaux différents. Francis a beaucoup écouté les Beatles et a cité Iggy Pop et Captain Beefheart comme influences majeures avant de fonder les Pixies. Santiago, pour sa part, était fan du Bowie des années 1970 et des groupes punk de la même époque, ainsi que des groupes hardcore des années 1980, tel Black Flag[14]. Deal, quant à elle, venait de la country. Elle avait fondé, dès ses seize ans, un duo country folk avec sa sur jumelle, jouant dans les clubs de lOhio et ouvrant notamment pour le Allman Brothers Band. Deal partage avec Lovering un goût très prononcé pour le trio canadien Rush. Enfin le folk a largement influencé les Pixies : Francis a beaucoup écouté Larry Norman, et le groupe, au moment de faire paraître une annonce dans le journal pour trouver une bassiste, demandait que cette dernière aime Peter, Paul, and Mary. Sur Ive Been Tired, Francis cite aussi Lou Reed, ancien chanteur guitariste du Velvet Underground.

Les influences des Pixies se trouvent aussi dans le cinéma : Francis cite notamment les films surréalistes Eraserhead de David Lynch et Un chien andalou de Luis Buñuel (ce dernier film étant le sujet de Debaser)[14],[85]. Dans une interview accordée au Melody Maker, il déclara quil était « plus facile de regarder un film de vingt minutes que de se poser pour lire un roman surréaliste »[86].

Écriture des morceaux et chant

La quasi-totalité des chansons des Pixies ont été écrites et chantées par Black Francis, dont l'écriture est caractérisée par une fascination pour les histoires violentes tirées de la Bible (Gouge Away, Dead) et l'inceste (Nimrods Son, The Holiday Song). Il déclara dailleurs à ce sujet dans une interview accordée au Melody Maker[38] : « Tous ces personnages de l'Ancien Testament, ça m'obsède. Pourquoi ? Je n'en sais rien ».

Cependant, il écrit aussi sur des sujets différents, tels que le monde marin (Where Is My Mind? et Wave Of Mutilation) et les tremblements de terre (Here Comes Your Man). Plus tard, il écrit sur des sujets tels que la science-fiction, les extra-terrestres, (Motorway to Roswell), ou les OVNIS (The Happening).

Deal chante sur Gigantic et Bam Thwok, deux titres qu'elle a écrits et composés. Elle a aussi coécrit Silver avec Francis. Elle chante sur Into The White, écrit par Francis et sur la reprise de Neil Young, I've Been Waiting For You. Le batteur David Lovering chante sur La La Love You et Make Believe, deux titres écrits par Black Francis. Enfin, Levitate Me a été coécrite par Black Francis, sa compagne Jean Walsh et David Lovering.

Reprises

Le groupe a repris plusieurs artistes : Wild Honey Pie (The Beatles), Ain't That Pretty At All (Warren Zevon), Winterlong et I've Been Waiting For You (Neil Young), I Can't Forget (Leonard Cohen), une version chantée en Espagnol de Evil Hearted You (The Yardbirds), Head On (The Jesus and Mary Chain), Cecilia Ann (The Surftones), Born In Chicago (The Paul Butterfield Blues Band), In Heaven (The Lady in the Radiator Song) (tirée du film de David Lynch, Eraserhead ; la chanson est attribuée à Peter Ivers et David Lynch), et Theme from NARC (Brian Schmidt[87], tirée du jeu vidéo NARC).

Matériels et instruments

Pour ce qui est des instruments, les Pixies ont utilisé la formule guitare solo/guitare rythmique/basse/batterie. Black Francis, guitariste rythmique et chanteur, utilisait soit une Fender Telecaster, soit une Fender Mustang, soit une Fender Jaguar, avec un amplificateur Marshall JCM 800 ou Vox AC30[88].

Joey Santiago, guitariste solo, fidèle de la Gibson Les Paul, possédait aussi une Gibson ES-335 et utilisait un amplificateur Pearce GR-8.

Kim Deal, bassiste, utilisait soit une Fender Precision, soit une Music Man Stingray[89], tandis que le batteur David Lovering jouait sur une batterie cinq toms Pro Prestige[90].

Le groupe utilisa également des instruments plus inhabituels lors de sa carrière, en invitant un quatuor à cordes sur Monkey Gone To Heaven. Sur Velouria, on trouve un Theremin, tandis que sur Alec Eiffel et U-Mass on note la présence de claviers. Bam Thwok, sortie en 2004, est traversée par un solo dorgue.

L'héritage musical des Pixies

En dépit du petit nombre de disques produits et de leur courte carrière, les Pixies ont eu une immense influence sur la percée du rock alternatif au début des années 1990 qui commença avec le succès du single Smells Like Teen Spirit de Nirvana, sorti en 1991.

En 1997, le producteur du premier disque des Pixies, Gary Smith, déclarait à ce sujet : « La légende prétend que les quelques personnes qui achetèrent les disques du Velvet Underground ont toutes formé un groupe. Je pense que cette affirmation vaut aussi pour les Pixies. Larme secrète de Charles ne resta pas secrète très longtemps, et rapidement, de nombreux groupes exploitèrent le sens de la dynamique des Pixies. Cest devenu une nouvelle formule magique de la pop, et bientôt, on vit Smells Like Teen Spirit grimper au sommet des classements et les membres de Nirvana eux-mêmes ont reconnu quils cherchaient alors à sonner comme les Pixies en composant ce titre ».

Musicalement parlant, les Pixies sont considérés comme les inventeurs patentés du gimmick ralenti/explosion qui devait marquer le rock alternatif. Les chansons des Pixies sont caractérisées par leurs couplets calmes et leurs refrains explosifs, tout en saturation.

Les critiques musicaux ont loué le groupe[91], mais plus encore des artistes et groupes influents et reconnus tels que David Bowie[92], Radiohead, U2 ou encore Nirvana, qui lui ont rendu hommage dans leurs interviews ou en reprenant leurs titres.

En effet, Kurt Cobain de Nirvana déclara lors dun entretien au magazine Rolling Stone en janvier 1994[9],[93] : « Jessayais décrire la chanson pop ultime. En fait, je dois bien admettre que jessayais de pomper les Pixies. Lorsque je les ai entendus pour la première fois, je me suis senti tellement en osmose avec leur musique que jai regretté de ne pas faire partie du groupe, ou du moins dun groupe qui jouait leurs chansons. Nous leur avons emprunté leur sens de la dynamique, le truc du couplet joué calmement et du refrain rageur ».

Lors de la tournée Trompe le Monde à l'été 1991, les Pixies reçurent en coulisses un message de Bono de U2, qui déclarait en substance : « Continuez comme ça. Nous adorons ce que vous faites ».

David Bowie, dont la musique inspira Santiago et Francis quand ils étaient étudiants, fut très touché par l'annonce de la première dissolution du groupe en janvier 1993 : « Je suis très triste car jai appris que les Pixies sétaient séparés Quel gâchis. Je les voyais devenir immenses ». Il ajoute en juin 2002 : « Je ne me suis jamais remis du fait que les Pixies se soient formés, aient travaillé et se soient séparés sans que l'Amérique ne les prenne en son sein ou même ne reconnaisse leur existence, pour la plupart »[94].

Thom Yorke, chanteur de Radiohead, refusa que les Pixies passent avant son groupe lors du festival de Coachella aux États-Unis. « Les Pixies ouvrant pour nous, cest comme les Beatles ouvrant pour nous. Impossible ! » déclara-t-il alors.

Weezer cite les Pixies comme une de ses influences majeures (le groupe a repris Velouria sur une compilation hommage) et son leader Rivers Cuomo, lors dune interview à Addicted To Noise, a déclaré : « Ce groupe ma vraiment retourné la tête lorsque je suis allé pour la première fois à Los Angeles et que je découvrais la musique cool »[95].

Damon Albarn, leader de Blur, nest pas en reste : « Lorsque nous avons commencé nous voulions sonner comme les Pixies »[9].

Bob Mould (leader de Hüsker Dü, influence citée par les Pixies) déclare être un gros fan du groupe.

Tom Barman, leader du groupe belge dEUS est également un fan du groupe. Il prétend avoir composé la chanson Eternal Woman (sur l'album Vantage Point) en regardant le documentaire sur les Pixies Loud Quiet Loud. La chanteuse Lies Lorquet du groupe Mintzkov a été invité par Tom Barman à chanter sur ce morceau car il cherchait depuis longtemps une chanteuse qui ait une voix "à la Kim Deal"[96].

Apparitions télévisuelles et clips

Les Pixies firent plusieurs apparitions sur les plateaux télé entre 1989 et 1992, notamment dans les émissions américaines The Tonight Show et 120 Minutes, ainsi que dans lémission britannique The Word[97],[98].

Aucun clip ne fut réalisé à loccasion de leurs deux premiers disques, Come On Pilgrim et Surfer Rosa. Ceci sexpliquait par le fait que les Pixies étaient alors signés sur le petit label indépendant 4AD. Mais après la signature du contrat de distribution avec Elektra Records pour la sortie de Doolittle, les choses changèrent et le groupe sortit ses premiers clips, destinés à promouvoir les singles. Ils consistaient généralement simplement en des extraits de concert du groupe, notamment sur Monkey Gone To Heaven, Head On et Debaser.

À lépoque de la sortie de Bossanova, le groupe avait développé une solide aversion pour les clips; Black Francis refusait de chanter en play-back (Here Comes Your Man)[99]. Selon 4AD, l'absence de clip digne de ce nom expliquait certainement le désintérêt de MTV pour le groupe[99].

Lorsque Velouria, premier single issu de Bossanova, entra dans le top 40 britannique, on proposa au groupe de jouer sur le plateau de Top Of The Pops. Cependant, une règle interne de la BBC statuait que seuls les groupes ayant tourné une vidéo promotionnelle pour leur single pouvaient participer à lémission. On réalisa alors une vidéo du groupe en train de courir dans une carrière[99] vers la caméra, le tout au ralenti[100]. En vain. Bien que Velouria fut bien classé dans les ventes[101] le groupe ne participa pas à lémission, en dépit (ou à cause) de ce clip tourné à la dernière minute.

Récompenses et distinctions

Bien que les Pixies naient pas gagné la reconnaissance du grand public (du moins lors de leur première existence), le groupe fut salué par nombre de revues musicales influentes. Voici la liste des distinctions qu'il a reçues :

  • Sounds Album de lannée Surfer Rosa 1988
  • Melody Maker Album de lannée Surfer Rosa 1988
  • Sounds Deuxième meilleur album de lannée Doolittle 1989
  • Melody Maker Single de lannée Monkey Gone to Heaven 1989
  • Melody Maker Deuxième meilleur album de lannée Doolittle 1989[102]
  • Sounds Album de lannée Bossanova 1990[103]
  • Les inrockuptibles - Deuxième meilleur album de 1986 à 1996 - Doolittle[104]

Discographie

Article détaillé : Discographie des Pixies

Albums

  • Surfer Rosa (mars 1988, 4AD)
  • Doolittle (avril 1989, 4AD)
  • Bossanova (août 1990, 4AD)
  • Trompe le Monde (septembre 1991, 4AD)
  • Indie Cindy (avril 2014, Pixies Music)

EP

  • Come On Pilgrim (mini-album, octobre 1987, 4AD)
  • EP1 (septembre 2013, 4 titres)
  • EP2 (janvier 2014, 4 titres)

Vidéographie

  • Pixies (concert et documentaire, 2004)
  • Pixies - Sell Out 2004 Reunion Tour (concert, 2005)
  • Pixies - Club Date: Live At The Paradise In Boston (concert, 2006)
  • Pixies - Acoustic - Live In Newport (concert, 2006)
  • LoudQUIETLoud (documentaire, 2006)

Bibliographie

  • Pixies, Emmanuel Dazin, 2005, Le Castor Astral, ISBN 2-85920-602-7
  • Fool the World: The Oral History of a Band Called Pixies., Frank, Josh; Ganz, Caryn, 2005. ISBN 0-312-34007-9
  • Doolittle., Sisario, Ben. Continuum, 2006 (33 series). ISBN 0-8264-1774-4.
  • Pixies. The Breeders. The Amps. Frank Black : Planet Of Sound, Jordi Bianciotto, 1997, La Mascara, ISBN 84-7974-104-X

Notes et références

  1. Dazin, Emmanuel. Pixies. Le Castor Astral, 2005. ISBN 2-85920-602-7. pp. 34-35
  2. Erlewine, Stephen Thomas, « Pixies », Allmusic. Consulté le 21-12-2007
  3. Erlewine, Stephen Thomas, « American Alternative Rock/Post-Punk », Allmusic. Consulté le 20-05-2006
  4. 4,0 et 4,1 Francis, Black. Lyrics. "The Happening." Bossanova. LP. 4AD 1990.
  5. Francis, Black. Lyrics. "Broken Face." Surfer Rosa. LP. 4AD 1988.
  6. Francis, Black. Lyrics. "Dead." Doolittle. LP. 4AD 1988.
  7. 7,0 et 7,1 Erlewine, Stephen Thomas, « Pixies > Biography », Allmusic. Consulté le 21-12-2007
  8. Hodges, Jacqueline, « Rock & Alt Review - The Pixies - Wave of Mutilation », 2004-05-03, BBC. Consulté le 21-12-2007. « Alors sortit lalbum Surfer Rosa, où un Steve Albini quasi-inconnu conçut ce qui sera considéré comme le point de départ du rock alternatif et une légende était née. »
  9. 9,0, 9,1 et 9,2 Biel, Jean-Michel; Gourraud, Christophe, « They Said About the Pixies... », Alec Eiffel. Consulté le 21-12-2007
  10. Biel, Jean-Michel; Gourraud, Christophe, « Homages to the Pixies », Alec Eiffel. Consulté le 21-12-2007
  11. Kurt Cobain on Pixies and The Breeders, 1992-08-29, Melody Maker. Consulté le 02-09-2006
  12. Dazin, 2005, p.7-8
  13. L'université était le thème de la chanson, "U-Mass", surTrompe le Monde
  14. 14,00, 14,01, 14,02, 14,03, 14,04, 14,05, 14,06, 14,07, 14,08, 14,09 et 14,10 Pixies Profile, 4AD. Consulté le 13-08-2006
  15. Parmi lesquels le fameux José Jones, héros malgré lui de la chanson "Crackity Jones", sur Doolittle.
  16. Son Espagnol s'améliorera par la suite, comme le montreront certains titres de Come on Pilgrim
  17. Sisario, Ben. Doolittle 33. Continuum, 2005. ISBN 0-8264-1774-4. pp. 1213
  18. Frank, Josh; Ganz, Caryn. "Fool the World: The Oral History of a Band Called Pixies." (2006). ISBN 0-312-34007-9. p. 11
  19. Frank, Ganz, 2005. p. 14
  20. Frank, Ganz, 2005. p. 13
  21. Frank, Ganz, 2005. p. 15
  22. Sisario, 2006. p. 14
  23. Biel, Jean-Michel; Gourraud, Christophe, « A Pixies History », Alec Eiffel. Consulté le 29-08-2006
  24. Frank, Ganz, 2005. p. 18
  25. Sisario, 2006. pp. 89
  26. Sisario, 2006. p. 9
  27. Frank, Ganz, 2005. p. 20
  28. Frank, Ganz, 2005. p. 21
  29. Dag Wieërs, « Pixies/Debaser Trivia ». Consulté le 10-09-2006
  30. Biel, Jean-Michel; Gourraud, Christophe, « Pixies Titles/Names », Alec Eiffel. Consulté le 18-09-2006
  31. Bailey's Walk > Tour dates > 1986. Consulté le 21-12-2007
  32. (en)A Pixies History. Consulté le 03-01-2008.]
  33. Sisario, 2006. p. 16
  34. Sisario, 2006. p. 17
  35. Un album sortit en 2002, intitulé Pixies, et contenant les chansons de la Purple Tape ne figurant pas sur Come on Pilgrim. Pixies contient aussi un morceau inédit, Rock A My Soul.
  36. Dazin, 2005, p.54
  37. Dazin, 2005, p.18
  38. 38,0 et 38,1 Sisario, 2006. p. 18
  39. Frank, Ganz, 2005. p. 75
  40. Azerrad, Michael, Come As You Are: The Story of Nirvana. Doubleday, 1993. ISBN 0-385-47199-8, p. 313
  41. Francis, Black. Lyrics. "Bone Machine." Surfer Rosa. LP. 4AD 1988.
  42. Cependant, Gigantic ne connut pas le succès aux États-Unis, et atteignit la 93e place au classement des ventes de singles au Royaume-Uni
  43. Biel, Jean-Michel; Gourraud, Christophe, « Pixies Radio 1 Sessions ». Consulté le 02-09-2006 Notez que la page web a été rédigée avant la sortie de Pixies at the BBC.
  44. Sisario, 2006. p. 47
  45. Frank, Ganz, 2005. p. 1189
  46. Deal apparaît pour la première fois sous son vrai nom sur Doolittle
  47. The RS 500 Greatest Albums of All Time, 18-11-2003, Rolling Stone. Consulté le 23-08-2006
  48. Frank, Ganz, 2005. p. 94
  49. Frank, Ganz, 2005. p. 132
  50. HELLO GOODBYE 9: JOEY SANTIAGO & THE PIXIES. Consulté le 12-09-2006
  51. Dazin, 2005, p.110-111
  52. Frank, Ganz, 2005. p. 171-172
  53. 4AD Pixies Profile (page 3), 4AD. Consulté le 31-08-2006
  54. Frank, Ganz, 2005. p. 172
  55. Frank, Ganz, 2005. p. 74
  56. Frank, Ganz, 2005. pp. 175-76
  57. Frank, Ganz, 2005. p.224
  58. Trompe Le Monde reviews. Consulté le 23-12-2007
  59. 59,0 et 59,1 Francis, Black. Lyrics. "Planet of Sound." Trompe le Monde). LP. 4AD 1991.
  60. Publiant notamment avec le groupe le EP Safari.
  61. Sisario, 2006. p. 7
  62. Un nouvel album des Pixies en avril, Sophian Fanen, Libération, 24 mars 2014.
  63. Grose, Jessica, « music > The Breeders Title TK », The Village Voice. Consulté le 28-02-2007
  64. The Amps: Pacer. Consulté le 19-09-2006
  65. David LoveringScientific Phenomenalist. Consulté le 13-09-2006
  66. The Martinis. Consulté le 13-09-2006
  67. Frank, Ganz, 2005. p. 251
  68. Pixies : Minneapolis Fine Line Music Cafe. Consulté le 10-09-2006
  69. Weezer Rock Lollapalooza:Pixies. Consulté le 10-09-2006
  70. Frank Black on Pixies Album, 19-06-2007, Triple J. Consulté le 22-06-2007
  71. Kim Deal Says No New Pixies Album Because I Dont Want To, 07-12-2007, Rolling Stone. Consulté le 31-12-2007
  72. The Skinny
  73. Pixies to reunite for new album?, 27-08-2008, NME. Consulté le 29-08-2008
  74. Site officiel du groupe, 20-12-2008, EVERYBODY. Consulté le 20-12-2008
  75. Isle Of Wight Festival 2009. Consulté le 19-03-2009
  76. Look for a big announcement on Monday via Rolling Stone!. Consulté le 18-04-2009
  77. Something new (and old) coming soon.... Consulté le 21-04-2009
  78. Pixies planning Hollywood-themed new album, NME, 25 juin 2009
  79. NEW TOUR DATES ANNOUNCED!. Consulté le 04-07-2009
  80. The Pixies announce NZ gig. Consulté le 18-10-2009
  81. Pixies cancel Israel concert. Consulté le 09-06-2010
  82. Kyle McGovern, « Kim Deal Quits the Pixies », SPIN. Consulté le 14-06-2013
  83. Thomas Burgel, « Un nouveau morceau des Pixies en téléchargement, et plus à venir », les Inrockuptibles. Consulté le 28-06-2013
  84. (en)Pixies Compile Recent EPs on New Album, 'Indie Cindy', Ryan Reed, Rolling Stone, 24 mars 2014.
  85. Pixies - Debaser. Consulté le 01-10-2006
  86. Sisario, 2006. p. 29
  87. (en) Voir 61 frames per second.
  88. guitargeek, « guitargeek: Frank Black of the Pixies ». Consulté le 10-09-2006
  89. Bill Leigh, Bass Player, « Bass Player The Pixies' Kim Deal », novembre 2004. Consulté le 01-09-2006
  90. Jean-Michel Biel, Christophe Gourraud, « Instruments Played by the Pixies ». Consulté le 29-08-2006
  91. PIXIES SELL OUT Live-In-Concert DVD. Consulté le 09-09-2006
  92. Bowie reprit en 2002, sur son album Heathen, la chanson "Cactus" tirée de Surfer Rosa
  93. BBC Entertainment The Pixies: Rock's comeback kings. Consulté le 11-08-2006
  94. (en) livewire's one on one : « I never could get over the fact that The Pixies formed, worked and separated without America taking them to its heart or even recognizing their existence for the most part».
  95. Clare Kleinedler, Michael Goldberg, « Weezer Revealed: The Rivers Cuomo Interview ». Consulté le 02-03-2007
  96. Notes de la chanson Eternal Woman, dans la section songbook
  97. Jean-Michel Biel, Christophe Gourraud, « Pixies TV appearances ». Consulté le 01-10-2006
  98. Matthew Broszkowski, « pixies video downloads ». Consulté le 01-10-2006
  99. 99,0, 99,1 et 99,2 Frank, Ganz, 2005. p. 140
  100. Jean-Michel Biel, Christophe Gourraud, « The Pixies In Video ». Consulté le 01-10-2006
  101. Andy Barding, « The Pixies And Me », 2004-06-07. Consulté le 17-10-2006
  102. Melody Maker, « Melody Maker Lists The '70's & '80's », RockList.net. Consulté le 01-10-2006
  103. Sounds, « Sounds List », RockList.net. Consulté le 01-10-2006
  104. Classement des 100 meilleurs albums de 1986 à 1996 pour les inrockuptibles

Annexes

Article connexe

  • Rock alternatif
  • Rock indépendant

Liens externes

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